Devenir courtier en assurances

Devenir intérmédiaire en assurances.

Comment devenir intermédiaire en assurances en France ? 

Statuts, conditions Orias, formation et obligations légales : le guide complet du métier d'IAS.

Devenir intermédiaire en assurances (IAS) : le guide complet pour devenir courtier en assurances en France

Devenir courtier en assurances attire chaque année de nouveaux profils, qu'ils viennent du secteur bancaire, du commerce, ou qu'ils soient en reconversion professionnelle complète. Mais ce métier, désigné légalement sous le nom d'intermédiaire d'assurance (IAS), est strictement encadré par le Code des assurances. Ce guide détaille la définition légale du statut, les qualifications nécessaires, la différence entre salarié et indépendant, les obligations annuelles auprès de l'Orias, et la responsabilité juridique qui accompagne ce métier.
 

Qu'est-ce qu'un IAS ? La définition légale du courtier en assurances

Le terme "courtier en assurances" est le nom grand public d'un statut juridique précis : l'intermédiaire d'assurance, abrégé IAS. Ce statut est défini par le Code des assurances, qui pose un cadre légal strict pour quiconque souhaite exercer ce métier en France.

L'article L. 511-1 du Code des assurances définit la distribution d'assurances comme l'activité qui consiste à fournir des recommandations sur des contrats d'assurance ou de réassurance, à présenter, proposer ou aider à conclure ces contrats, à réaliser d'autres travaux préparatoires à leur conclusion, ou à contribuer à leur gestion et à leur exécution, notamment en cas de sinistre.

Le même article précise qu'est intermédiaire d'assurance ou de réassurance toute personne physique ou morale, autre qu'une entreprise d'assurance ou de réassurance et son personnel, qui, contre rémunération, accède à l'activité de distribution d'assurances ou l'exerce.

 

Concrètement, cette définition légale signifie trois choses :

  • Le courtier ne porte pas lui-même le risque assurantiel. Il met en relation un client (l'assuré) avec une entreprise d'assurance, sans jamais devenir lui-même l'assureur.
  • L'activité doit être exercée contre rémunération, sous forme de commission, d'honoraires ou de tout autre avantage économique. Sans rémunération, le statut d'intermédiaire d'assurance ne s'applique pas.
  • Certaines activités proches ne relèvent pas de la distribution d'assurances au sens légal, notamment la simple fourniture d'informations à titre occasionnel, ou la gestion exclusive de sinistres sans aide à la conclusion du contrat.

 

Le Code des assurances distingue quatre catégories légales d'intermédiaires, fixées par l'article R. 511-2 :

  1. Les courtiers d'assurance ou de réassurance (COA), des personnes physiques ou des sociétés immatriculées au registre du commerce, qui ne sont pas tenues contractuellement de travailler exclusivement avec une ou plusieurs entreprises d'assurance.
  2. Les agents généraux d'assurance (AGA), titulaires d'un mandat d'agent général, soumis à une obligation contractuelle de travailler exclusivement avec une ou plusieurs entreprises d'assurance.
  3. Les mandataires d'assurance (MA), personnes physiques non salariées ou personnes morales, autres que les agents généraux, titulaires d'un mandat d'une entreprise d'assurance.
  4. Les mandataires d'intermédiaires d'assurance (MIA), personnes physiques non salariées ou personnes morales titulaires d'un mandat d'un intermédiaire inscrit dans l'une des trois catégories précédentes.

Ces quatre catégories ne sont pas exclusives les unes des autres : un même intermédiaire peut être inscrit dans plusieurs catégories à la fois. Tous les intermédiaires d'assurance, quelle que soit leur catégorie, doivent obligatoirement être immatriculés sur le registre unique des intermédiaires tenu par l'Orias (Organisme pour le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance), conformément à l'article L. 512-1 du Code des assurances. Sans cette immatriculation, l'exercice de l'activité d'intermédiaire d'assurance est illégal et expose à des sanctions.
 

Les qualifications pour devenir courtier en crédit en       assurances : diplômes et formations

Devenir IAS suppose de justifier d'une capacité professionnelle reconnue par la réglementation. Cette capacité professionnelle peut être obtenue par trois voies distinctes : le diplôme, la formation initiale spécifique, ou l'expérience professionnelle significative. La voie d'accès dépend directement de la catégorie d'intermédiaire visée.

 

Les diplômes compatibles avec le statut d'IAS

Certains diplômes permettent d'obtenir directement la capacité professionnelle exigée, sans passer par une formation initiale dédiée, à condition qu'ils figurent sur la liste fixée par les articles A. 512-6 et A. 512-7 du Code des assurances. Parmi les diplômes généralement reconnus compatibles, on trouve par exemple :

  • Le BTS Assurance
  • La Licence professionnelle Assurance, banque, finance
  • Le Master Assurance ou Master Gestion des risques
  • Certains diplômes de Conseiller en gestion de patrimoine intégrant un volet assurance

Il est essentiel de vérifier, pour chaque diplôme, qu'il figure bien dans la nomenclature reconnue au moment de l'inscription, car la liste précise des diplômes compatibles peut évoluer.

 

La formation initiale spécifique IAS

Pour les personnes ne disposant pas d'un diplôme compatible, une formation initiale spécifique est obligatoire. Cette formation est organisée en trois niveaux, le niveau requis dépendant ici directement de la catégorie d'intermédiaire visée :

  • Niveau I (150 heures minimum) : exigé pour les courtiers d'assurance (COA) et les agents généraux d'assurance. C'est le niveau de capacité professionnelle le plus complet, qui couvre l'environnement réglementaire et contractuel de l'assurance, l'analyse des besoins du client, la présentation des garanties et la déontologie professionnelle.
  • Niveau II (150 heures minimum, programme allégé par rapport au niveau I) : exigé pour les mandataires d'assurance (MA) et les mandataires d'intermédiaires d'assurance (MIA), lorsque leur activité d'intermédiation constitue leur activité principale.
  • Niveau III : réservé aux mandataires d'assurance et mandataires d'intermédiaires d'assurance dont l'activité d'intermédiation est exercée à titre accessoire, en complément d'un autre produit ou service, et qui ne comporte pas de couverture en responsabilité civile.

Il est important de noter une différence avec le statut d'IOBSP en crédit : pour les intermédiaires d'assurance, c'est avant tout la catégorie de statut choisie (courtier, agent général, mandataire ou mandataire d'intermédiaire) qui détermine le niveau de capacité professionnelle exigé, le critère du caractère principal ou accessoire de l'activité n'intervenant que pour distinguer le niveau II du niveau III chez les mandataires.

 

L'expérience professionnelle comme voie d'accès

La capacité professionnelle peut également être obtenue par l'expérience, sans diplôme ni formation initiale spécifique, sous certaines conditions de durée et de niveau de responsabilité :

  • Pour le niveau I, une expérience professionnelle de deux ans en tant que cadre, ou de quatre ans en tant que salarié ou non-salarié, dans des fonctions de production ou de gestion de contrats d'assurance, peut être reconnue.
  • Pour le niveau II, une expérience professionnelle d'un an en tant que cadre, ou de deux ans en tant que salarié ou non-salarié, sur des fonctions similaires, peut suffire.

Cette voie est particulièrement intéressante pour les personnes en reconversion professionnelle issues du secteur de l'assurance ou de la banque, qui peuvent ainsi valoriser leur expérience sans repasser par une formation complète.
 

« Se former sérieusement, c'est protéger à la fois son client et sa propre légitimité à exercer. »

Le statut juridique du courtier en assurances: 
salarié ou indépendant (mandataire)

Une fois la capacité professionnelle obtenue, il faut choisir un statut d'exercice. Deux grandes options existent : devenir salarié au sein d'un cabinet ou d'un réseau de courtage, ou devenir indépendant, généralement sous le statut de courtier (COA) ou de mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA). Ces deux statuts sont très différents, tant sur le plan réglementaire que sur le plan de la rémunération.

 

Le statut de salarié

Le courtier salarié exerce au sein d'une structure de courtage, sous un contrat de travail classique régi par la convention collective nationale des entreprises de courtage d'assurances et de réassurance. Sur le plan réglementaire, c'est l'employeur, immatriculé en tant que courtier ou agent général, qui porte la responsabilité de l'immatriculation à l'Orias et qui s'assure du respect des obligations de formation continue de ses salariés exerçant une activité de distribution d'assurances.

Côté rémunération, le salarié bénéficie généralement d'un salaire fixe, encadré par la convention collective, complété par une part variable liée à sa performance commerciale :

  • Fixe : la convention collective fixe un minimum conventionnel, généralement situé entre 2 000 € et 2 500 € brut mensuel pour un profil débutant, et pouvant atteindre 3 000 € à 4 500 € brut pour un courtier confirmé disposant de plusieurs années d'expérience.
  • Variable : des primes et commissions liées à la performance commerciale, généralement comprises entre 10 % et 30 % des primes apportées, viennent s'ajouter au fixe selon les politiques internes de chaque structure.

Ce statut offre une sécurité de revenu (le fixe garanti par la convention collective) tout en conservant un système incitatif lié à la performance commerciale.

 

Le statut de courtier ou mandataire indépendant

Le courtier indépendant, ou le mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA) exerçant en tant qu'indépendant, n'a pas de lien de subordination salarial : il est chef de sa propre activité et facture ses prestations sous forme de commissions versées par les entreprises d'assurance avec lesquelles il travaille.

Sur le plan réglementaire, le courtier indépendant doit être immatriculé personnellement à l'Orias, justifier de sa propre capacité professionnelle, et respecter les mêmes obligations de formation continue que tout autre intermédiaire. Le mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA), quant à lui, est rattaché à un courtier ou un mandant qui porte une part de la responsabilité réglementaire de son activité, sans pour autant créer de lien salarial.

Côté rémunération, contrairement au salarié, l'indépendant ne perçoit aucun fixe garanti : sa rémunération dépend intégralement de son activité commerciale, via trois mécanismes principaux qui peuvent se cumuler :

  • Les commissions de souscription, versées par la compagnie d'assurance à la conclusion d'un nouveau contrat, représentant un pourcentage de la prime annuelle.
  • Les commissions de gestion, versées annuellement tant que le contrat reste en vigueur, qui constituent la base d'un revenu récurrent au fil de la constitution d'un portefeuille clients.
  • Les honoraires de conseil, facturés directement au client dans certains cas, en complément ou en remplacement des commissions versées par l'assureur.

 

Le niveau de commissionnement varie significativement selon le type de produit distribué et selon les conditions négociées avec chaque réseau ou compagnie partenaire.
 

L'immatriculation à l'Orias et les formations continues obligatoires

Quel que soit le statut choisi, l'inscription à l'Orias n'est qu'une première étape. Le métier d'intermédiaire d'assurance impose des obligations qui se renouvellent chaque année, sous peine de perdre la capacité professionnelle nécessaire à l'exercice de l'activité.

 

Les conditions d'inscription à l'Orias

Pour être immatriculé à l'Orias, tout intermédiaire d'assurance doit justifier, au moment de sa demande puis à chaque renouvellement annuel, du respect de plusieurs conditions cumulatives :

  • L'honorabilité : absence de certaines condamnations pénales définitives, vérifiée par interrogation systématique du casier judiciaire national, conformément à l'article L. 322-2 du Code des assurances.
  • La capacité professionnelle : par diplôme, formation initiale ou expérience, comme détaillé plus haut.
  • L'assurance de responsabilité civile professionnelle : une couverture obligatoire destinée à protéger les clients en cas de faute professionnelle.
  • La garantie financière, uniquement si l'intermédiaire est amené à encaisser des fonds pour le compte de ses clients ou de ses assureurs.
  • L'adhésion à une association professionnelle agréée par l'ACPR, obligatoire pour les courtiers (COA) et les mandataires d'intermédiaires (MIA), sauf exceptions légales.

Quel que soit le statut choisi, l'inscription à l'Orias n'est qu'une première étape. Le métier d'intermédiaire d'assurance impose des obligations qui se renouvellent chaque année, sous peine de perdre la capacité professionnelle nécessaire à l'exercice de l'activité.

 

Les conditions d'inscription à l'Orias

Pour être immatriculé à l'Orias, tout intermédiaire d'assurance doit justifier, au moment de sa demande puis à chaque renouvellement annuel, du respect de plusieurs conditions cumulatives :

  • L'honorabilité : absence de certaines condamnations pénales définitives, vérifiée par interrogation systématique du casier judiciaire national, conformément à l'article L. 322-2 du Code des assurances.
  • La capacité professionnelle : par diplôme, formation initiale ou expérience, comme détaillé plus haut.
  • L'assurance de responsabilité civile professionnelle : une couverture obligatoire destinée à protéger les clients en cas de faute professionnelle.
  • La garantie financière, uniquement si l'intermédiaire est amené à encaisser des fonds pour le compte de ses clients ou de ses assureurs.
  • L'adhésion à une association professionnelle agréée par l'ACPR, obligatoire pour les courtiers (COA) et les mandataires d'intermédiaires (MIA), sauf exceptions légales.

 

Le non-respect de cette obligation de formation continue entraîne un défaut de capacité professionnelle, qui peut être constaté lors d'un contrôle administratif de l'ACPR, ou lors d'un contentieux avec un client. Les conséquences peuvent être lourdes : non-renouvellement de l'immatriculation Orias, radiation de l'association professionnelle, et, pour les intermédiaires d'assurance, un risque de sanction administrative pouvant aller, dans les cas les plus graves constatés par la Commission des sanctions de l'ACPR, jusqu'à des amendes très significatives.

 

La responsabilité juridique du courtier en assurances

Exercer le métier de courtier en assurances ne se limite pas à respecter des obligations administratives : cela engage une véritable responsabilité juridique vis-à-vis des clients accompagnés.

Le courtier d'assurance, en sa qualité de mandataire de son client, est soumis à une obligation légale de conseil et d'information. Concrètement, cela signifie que le courtier doit :

  • Identifier précisément les exigences et les besoins de son client avant de lui proposer un contrat, conformément aux obligations posées par le Code des assurances en matière de distribution.
  • Lui fournir des informations claires et compréhensibles sur les caractéristiques essentielles du contrat proposé, notamment les garanties couvertes et les exclusions.
  • S'abstenir de proposer un contrat qui ne serait pas adapté aux besoins réels du client.
  • Agir de manière honnête, équitable, transparente et professionnelle, dans l'intérêt de son client.

En cas de manquement à cette obligation de conseil, qu'il s'agisse d'une erreur d'appréciation, d'une omission ou d'une simple négligence, la responsabilité civile professionnelle du courtier peut être engagée par son client devant les tribunaux, notamment si le client se retrouve insuffisamment couvert au moment d'un sinistre. C'est précisément pour cette raison que l'assurance de responsabilité civile professionnelle est une condition obligatoire d'inscription à l'Orias : elle protège à la fois le client, qui pourra être indemnisé en cas de faute avérée, et le courtier lui-même, dont le patrimoine personnel serait sinon directement exposé.

Au-delà du risque civil, l'exercice de l'activité d'intermédiaire d'assurance sans immatriculation régulière constitue une infraction susceptible de sanctions administratives et pénales. Cette sévérité illustre à quel point la réglementation protège la profession et, par extension, la confiance des clients dans le secteur du courtage en assurance.

En résumé : un métier exigeant mais accessible

Devenir courtier en assurances en France suppose de respecter un cadre légal précis : obtenir la capacité professionnelle d'intermédiaire d'assurance par diplôme, formation ou expérience, s'immatriculer à l'Orias, choisir entre le statut de salarié et celui de courtier ou mandataire indépendant, puis maintenir ses compétences à jour chaque année par la formation continue de 15 heures minimum. C'est un métier réglementé, qui implique une vraie responsabilité juridique, mais qui reste accessible à de nombreux profils, y compris en reconversion professionnelle, à condition de s'engager sérieusement dans ce parcours de qualification.

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